Désir
Elles frappent une par une à ma fenêtre ce soir
Pour y entrer dans le silence qui m'entoure,
Ecrasent leurs corps transparents et dérisoires,
En s'unissant l'une aux autres sans douleur.
Elles dansent, un rythme endiablé sur les vitres
Tambourinant leurs cris et le désir de vivre,
Aux portes du ciel infini, le temps de disparaître
Dans un torrent qui fuit tremblotant et ivre.
Elles se marient à mon cœur en battant avec lui
Dans cet unique et même désir qui se cache
Parmi les voltiges des sons du chœur de l'ennui
Qui prend un jour l'âme esseulée et l'attache.
L'envie brûlante de ressentir aux creux des bras,
Frémir ton corps collé à cette poitrine apaisée
Sous la caresse chaude et soyeuse de nos draps,
Nous disparaîtrons pour la plus folle échappée.
Rien ne sera, à part le bruit lancinant de ce désir
Qui frappe à mes fenêtres, toujours et encore,
Chantant cette solitude sournoise venue me saisir
Avec toute la monotonie du désir qui édulcore.