Le mur et le liseron...
Je suis là, depuis la nuit des temps,
Bravant pluie, neiges et tempêtes,
D'exister aujourd'hui n'a qu'un sens,
Te voir vivre, prise à mes fissures.
Longtemps, à moi, seras accrochée,
La vieille pierre épouse tes racines.
Belle fleur blanche, embellira nichée
Ces vieilles pierres et leurs ravines.
Ma longue solitude loin des hommes
Laissera la terre nourrir ton corps,
M'enivrerai de tous tes doux arômes,
Vivrons, enfin, les âmes en accord.
La tempête déchaînée sera mon amie
Car elle te poussera plus fort à moi,
Je t'aimerai, toi, plus que ma triste vie,
Sous la caresse de ta peau de soie.
Je chaufferai ton corps, au froid d'hiver,
Avec la chaleur de mes soleils d'été,
Qui resteront prisonniers dans la pierre
Pour toi, pour nous et, nos éternités.
L'été je te cacherai des chaleurs du jour,
Je donnerai mon ombre, aux heures
Qui brûlent la terre comme dans un four
En asséchant tes larmes si tu pleures.
Saison par saison, année suivra l'année,
Je serai là, ton mur, parfaite symbiose,
Et, nos deux vies, s'unissent imbriquées
Car l'éternel baiser est une apothéose.
Septembre 2008