L'amour est physique...
Ce visage qui fait fuir les ombres de la nuit,
Diables et vampires, pâles de jalousie,
Se cachent, fuient quand le crépuscule luit,
Sur les traits informes qui renient la vie.
Le corps lourd fait craquer sous chaque pas
Comme des brindilles sèches écrasées,
Par la démarche nonchalante, d'un ours, las
Des couchers de soleil aux étés passés.
Souvenirs des mots et poignards dans l'âme,
Ces regards fuyants, remplis de mépris,
Des sourires factices, qui soufflent la flamme
D'un cœur blessé et d'une vie en sursis.
L'amour s'enflamme aux caresses des corps,
Le désir disparaît devant l'image ingrate,
Et quand il s'enfuit au loin, lui tournant le dos,
L'âme se resserre meurtrie et tourmentée.
Une goutte d'eau salée coule de l'œil, brûlant
Sur sa route, la peau tannée par les vents
D'une vie de triste hère, sous le fouet cinglant
Des rires creux, nés des êtres insouciants.
Mais son regard où brûlent les feux de l'enfer,
Cherchent, vainement les lumières d'espoir,
Sur ce firmament étoilé, qui cache le mystère
D'un diamant brut dans les eaux d'un miroir.
Août 2008