Lettres
Lettre I – Toi, mon passé...
Mort en laissant des traces profondes, parfois,
Les souvenirs des sanguinolentes blessures,
Que j'ai fermé, comme un vieil animal sans foi,
Terré dans ma tanière, léchant les morsures.
Souvent, tu m'as laissé par des nuits sans lune
Errer vers de lendemains endeuilles et froids,
Aux croisées des chemins menant à cette dune
Des sables glissants, qui m'emplissent d'effroi.
Souvent, j'ai désiré passer en ignorant la pente,
J'ai transformé mes mains en longues griffes,
Et creuser des sillons, m'appuyer sur leur fente,
Arrivé au sommet, tu m'as reçu avec une gifle.
Mes yeux se sont perdus plus loin que l'horizon,
A chercher la lumière sous un soleil de plomb.
Mes poings ont fait trembler le mur de la prison,
Où je fus enfermé, une vie, par toi passé félon.
J'ai tant désiré t'oublier, arriver enfin, au présent,
Disperser aux quatre vents tes cendres noires,
Oter de ma vie ces guenilles, le poids harassant
Les jeter à l'eau, partir nu, effacer ma mémoire.
Tu ne pourras pas me tenir emprisonne à l'infini,
Derrière les barreaux de haine qui me rongent,
M'enferment dans ton coeur creux, dans ce déni,
Sans pouvoir m'en aller pour vivre mes songes.
Juin, 2008
Lettre X – Au vieux fol.
L'histoire absurde,
De ce vieil homme, ce fol,
Qui dans la neige,
A vu revenir le printemps.
Ses cheveux gris,
Il les voudrait encore noirs,
Dans la jeunesse,
Qui est partie en souvenirs.
Le cœur brûlant,
Les sens pris dans les feux
Du corps gracile,
Qu'il rêve, encore caresser.
Ces désirs vifs,
Renaissant dans son sang,
Rougi au fers,
Chauffés à blanc en enfer.
Regard perdu,
Parmi les étoiles de la nuit,
Juste un songe,
D'amour silencieux, interdit.
Reste la larme,
Perle, glissant sur les rides,
Du visage triste,
Meurtri par la raison de l'age.
juin 2008