Il était une fois,
Ici où là,
Quelque part sur cette
terre...
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Dans une forêt, cette reine blanche, vivait
seule,
Cachait ses larmes, aux racines des
arbres,
Oubliée par le soleil, la peau couleur d'un
linceul,
Le vent triste, chantait une mélodie
funèbre.
Les jours ombragés s'écoulaient un après
l'autre,
A chaque instant, long, d'un court
millénaire,
Sa vie, brûlait son temps, avec le bois
dans l'âtre,
Le feu dansait, insouciant, l'unique
luminaire.
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Dans un pays lointain, au pied d'un vieux
château,
Chante sous les fenêtres, un jeune
ménestrel,
Le son de sa voix s'envole, cristalline
comme l'eau
Qui danse joyeuse sur les pierres,
intemporelle.
Tous en merveille, noble gente, manant et
paysan,
Ecoutent les yeux ouverts, leurs âmes
enjouées,
Les femmes virevoltent et charment les
courtisans,
Dans ce village heureux, sous un ciel
ensoleillé.
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Sous les arches vertes, dans la pénombre de
l'oubli,
Assise, au pied de son père, un chêne
séculaire,
Les yeux au ciel, bercée, elle voit son
rêve accompli,
Sa main, se tend, caresse l'horizon
crépusculaire.
Porté par la brise, la musique l'entoure,
elle frisonne,
La larme coule sur la joue, petite goutte
de rosée,
Sous les volutes de ces notes douces et
polissonnes,
Le cœur s'embrase, d'une nouvelle joie,
insensée.
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Fatigué, le soleil descend, le jour meurt
sur le village,
La paupière lourde, allongée à l'ombre d'un
arbre,
S'endort, le ménestrel, la paix du juste
sur son visage,
Le firmament aux mille étoiles, unique
candélabre.
Quand les brumes des rêves descendent sur
le corps,
Une vision née d'un paradis quelconque,
apparaît,
Mille images qui fuient, en échangeant
sitôt les décors,
Mais, elle, elle reste là, la fée dans son
cœur défait.
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Nuit noire, déchirée par la lune qui voudrait les
cacher,
Toutes ces étoiles accrochées sur le
velours du ciel,
Pour laisser s'endormir, cette reine qui
veut se reposer,
Elle-même cachée, à l'ombre d'un nuage
immatériel.
La porte des rêves s'ouvre sous la paupière
de la belle,
Sorti de nul part, l'harpe à la main, le
jeune musicien,
En chantant ses doux vers l'emmène sur un
arc-en-ciel
Son corps s'envole porté par le chant de ce
magicien.
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Il s'assied à ses pieds, la main qui danse
sur sa harpe,
Fait naître dans leurs poitrines, un lys
couleur sang.
Son regard, qui brûle de tous les feux
d'amour, écarte
Les nuages nocturnes, sur un soleil or,
grandissant.
L'amour est né dans leurs cœurs et, il les
a enchaînés,
L'un a l'autre, par des bouquets de roses
éternelles,
Anneaux faits des larmes et gouttes de sang
emmêlés,
Coups de pinceaux pour les plus belles
aquarelles.
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Enivrée par l'amour, emmurée dans un
silence pudique,
La forêt lui tourne autour au rythme de la
chanson.
Elle ne veut plus se réveiller, à
l'ancienne vie apathique,
Au milieu des amis, ses arbres, devenus sa
prison.
Le soleil se lève et la vie recommence a
piailler joyeuse,
Aux premiers rayons qui réchauffent leurs
plumes,
Ses yeux s'ouvrent, baignés par les larmes
amoureuses,
Incapables d'éteindre dans son cœur les
flammes.
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Abasourdi, il cherche dans ses environs la
fille en blanc,
Qui vient juste de le quitter, le laissant
à la frontière
Du rêve et l'éveil, sans qu'il sache où
elle est, tremblant
Sous les morsures cruelles, de pluie
froide, acérées.
Mais, l'endroit est désert, le ciel couvert
des nuages gris,
Comme son cœur, sous la pluie battante des
larmes,
Il ferme les yeux, pour revoir cette reine
de qui est épris
Pendant un rêve, vivant, qu'a fait naître
cette femme.
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Depuis ce soir là, elle vit les journées à
l'orée de sa forêt,
Elle guette l'arrivée, de son beau et doux
ménestrel,
Dans ce chemin poussiéreux, en fredonnant
ses sonnets,
Sur le dos, l'harpe, amie fidèle, aux sons
immortels.
Ses pas, ne foulent pas la terre de cette
lisière ombragée,
Il ne viendra que la nuit, sur les ailes
des rêves fous,
La prendre dans ses bras, embrasser sa
bouche enjouée,
Emporter son corps fiévreux, au cœur des
remous.
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Journées vagabondes, à chanter pour les
autres, l'amour
Impossible, qui ne vit que la nuit, dans
son sommeil,
Quand les yeux se ferment, sa belle femme
est de retour
Remplissant la nuit, de son corps, à nul
autre pareil.
Des mots d'amour, susurres, dans la flamme
des baisers,
Aux instants fusionnels de ces corps qui se
donnent
Un a l'autre, est le cadeau fait aux âmes
purs et sincères
Par la vie, temps des cœurs amoureux qui
chantent.
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Les années passèrent,
De nuit en nuit, de rêve en
rêve,
Les jours furent
noirs,
Les nuits furent
blanches,
De nuit en nuit, de rêve en
rêve,
La neige tombait sur les
cheveux...
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Vieillard, fatigue à chercher celle qui lui
a donné son amour,
Nuit après nuit, elle à rempli les temps de
ses rêves.
Il ferme, enfin les yeux, le souffle
s'éteint chez le troubadour,
L'âme s'envole au soleil, laisse le corps
sur la grève.
La tombe d'un pauvre est triste et, les
fleurs sont déjà fanées,
Sa croix, deux branches arrachées à un
vieux chêne.
Une nuit, une flamme s'allume, illumine de
sa couleur bleutée
Avant de s'envoler au delà des cieux, une
petite étoile.
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Regard vidé, épuisée d'attendre l'homme
qu'a fait toute sa vie,
Une reine meurt, sans connaître le bonheur
tant désiré,
La belle couchée sur un lit froid en
branches et feuilles mortes,
Est partie, silencieuse, vers cette triste,
longue éternité.
Sur le corps en paix, une petite lumière
virevolte sur le visage,
Comme pour dire adieu, à cette demeure de
souffrance,
Avant le voyage qui l'emmènera, dans son
royaume sans age,
Près de celui qui l'attend, pour une toute
dernière danse.
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Vous autres,
Regardez le ciel de
nuit,
Vous verrez danser, sur le
ciel,
Deux flammes bleues, c'est
eux,
Les amoureux, les deux feux
follets.
Septembre, 2008
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